Seize ans, préparatifs

Quand notre vieux corps fatigué
Nous fait trop de misère
Voyageons dans le passé
C’est la seule issue, peuchère !

Mon cœur si difficile
Quand je m’en vais au bal
Alors, mon cœur jubile :
J’oublie ce qui va mal.

Après bain parfumé
Ce soir, j’ai enfilé
Robe très ajustée
Et un peu décoll’tée.

Ma jolie robe blanche
Toute de fleurs semée,
Plus belle qu’un dimanche,
Une robe enchantée.

Je m’suis longtemps coiffée
Un chignon jusqu’au cou
Chignon lourd et lustré
Beau chignon andalou.

Dans lequel j’ai piqué
Deux narcisses et trois roses
Voyez, sans trop d’chiqué
Le charme de ces choses !

Et mes pendants d’oreilles
En corail de Sicile
Aux formes sans pareilles
Du sud de la grande île.

Et me voilà partie
Après m’être aspergée
D’Miss dior ou d’« Nuit bénie »
Me v’là dans l’escalier

Voilà je suis partie
Dans l’char’ d’une copine
Vers la surprise-partie
Excitation divine !

Préparatifs, je crois
Qui furent, je le crains bien
Le meilleur de la joie
Et qui ne coûtaient rien !