Jeune-homme

Viens donc, Jeune-homme, mon gros pépère,
Mêm’ si tu n’es plus un poulain
Ça fait un bail qu’on fait la paire
Toi, et pis moi, sur le chemin.

Devant, ta croup’, ta bonne odeur
Et moi, bonhomm’, je vais derrière
Tu m’aim’, je t’aim’, vieux laboureur,
Ça fait qu’t’es jamais solitaire.

Même si, des fois, je sacre un coup
Tu viens licher l’sel dans ma main
Au fond, on s’aime vraiment beaucoup,
C’est-y pas vrai mon vieux copain ?

Ils dis’ tous que c’est pus d’not’ temps
De faire équipe avec un ch’val !
Not’ histoir’ dur’ d’puis si longtemps
Alors, c’qu’ils dis’, m’est ben égal !

À qui donc, j’dirais mes secrets
La mort d’la femme et puis du fi
Et puis c’qui n’est guère plus gai
Ce que la fill’ fait à Paris.

Il est têtu, le vieux bonhomme :
Ma bonne renommée s’y perde,
Jamais je n’te chang’rai, Jeune-homme
Pour un de leurs tracteurs de merde